Aspect carnivore de la plante

La prédation                                        Les glandes spécialisées

 

                Les glandes spécialisées

 

Il y a donc une étroite collaboration entre deux sortes de glandes : les glandes nectarifères et les glandes digestives. Ces dernières sont particulièrement  intéressantes, car il semble que la sécrétion d’enzymes (oxydases, estérases, phosphatases, protéases, lipases...) et d'acides (formique, propionique, butyrique, chlorhydrique...) et l’assimilation des éléments obtenus soient réalisés par ces mêmes glandes.

 

On peut mettre en évidence la présence de protéases dans l'ascidie par une expérience simple. Si on met dans un tube à essais quelques gouttes de solution digestive d'une Népenthès alata en présence de blanc d'œuf cru (initialement transparent), on observe l'apparition de "fils" blancs, preuve que les protéines de l'œuf ont été dégradées.

Si on prélève la solution digestive après stimulation, la présence de particules blanches est beaucoup plus marquée, preuve que la libération d'enzymes peut être provoquée par un stimulus mécanique.

 

Chez les Népenthes, ces glandes du tiers inférieur sont immergées dans le suc qu'elles ont sécrété quand le piége est  devenu mâture. L'étude de coupes d'une urne du Népenthès alata à ce niveau montre une énorme concentration de glandes digestives, environ 6000 par cm². Ces glandes sont constituées de cellules contenant une volumineuse vacuole remplie d'enzymes digestives.

 

Coupe superficielle de la zone digestive

G x 60                                   G x 150                               G x 250

  

Toutes les glandes sont reliées entres elles par des vaisseaux, qui sont mis en évidence par la présence de bulles d'air et de vert d'iode à ce niveau. Chaque cellule renferme, au repos, des enzymes digestives qui sont stockées dans la vacuole et les invaginations de certaines parois cellulaires.  

La digestion se déroule en fait en quatre étapes. Tout d’abord, la proie provoque un stimulus mécanique ( comme un insecte se débattant par exemple).                                                                                                                                                                          Une expérience simple peut d'ailleurs mettre en évidence ce stimulus mécanique. En effet, si on stimule artificiellement les glandes digestives à l'aide d'un pinceau, on observe une augmentation de l'activité de ces glandes, activité qui est révélée par l'augmentation du niveau de liquide dans l'urne que l'on peut voir par transparence.                                                                                                                                                     Mais il semble que le stimulus est aussi d’ordre chimique, ( acide urique, ammoniaque ou autres molécules libérées par l’insecte en raison d’un stress ). Quoi qu’il en soit, le stimulus de la proie déclenche un flux osmotique de suc vers l’extérieur. Deuxième étape, ce flux fait "déborder" les enzymes concentrées dans les vacuoles, et qui se répandent dans l'urne. Troisième étape, les glandes, grâce à des canaux transmembranaires peuvent réabsorber des produits de digestion, qui traversent l’endoderme puis le xylème.

 

             La dernière étape est la répartition des produits de digestion dans la plante. Généralement, les produits de la digestion circulent dans la feuille 2 ou 3 heures après, avant de passer dans la tige, les racines et les méristèmes de croissance. Les acides aminés sont directement stockés dans les rhizomes sous forme d’azote, avant d’être consommés par l’organisme. Pour une plante carnivore, cet apport peut représenter jusqu’à 40 % des réserves en azote utile pour son développement, ce qui est indispensable dans des terrains pauvres en azote minéral ou autres molécules minérales (P, S, K, Mg...) sur lesquelles vivent les Népenthès. Ce sont souvent, en effet, des plantes épiphytes.

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